Vendredi 10 octobre 2008
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YA UN TRUC ARABO ANDALOU A LA BELVILOIS CESOAR C T DI ?
C'est parti comme ça. Mon vieil ami incollable sur les boites à concert. Un Limousin-Parigot. Toujours une idée derrière la tête celui là. Véritable atlas
musical de Paris. RDV 20h30 MÉTRO ST MAUR. On grimpe. On grimpe. Au sommet de Belleville. Tu l'as vu la vue ?
Paris aux pieds. Les tuyaux de Beaubourg comme des vers qui remuent dans la tourbe jaunâtre sur la ville. On passe devant la rédaction de Jazz Hot. Cherche les
traces de pas de Boris Vian sur le trottoir. Penses tu ? Le magazine qui a rythmé ma jeunesse, j'alternais chaque moi avec Jazz mag. Je me souviens de cette couverture de Claxton : Mingus abattue
en blanc ébène. Les lettres rouges. Bref. Voilà la maroquinerie. Et la Belleviloise juste à côté. Un hangar d'usine réafectée. Un jardin fumeur devant l'entrée. On pousse les portes. Nuage. Miel.
Mimosas. Sel. Cumins. Violon. Tabla. Voix suave. Eraillée juste ce qu'il faut. Trois oliviers aux milieux de la salle. Des bougies rouges. Tables en enfilade. Beaucoup de bobos. Airs de fête de
village. Je suis place Mayor. Gibraltar. Le chanteur a la mer dans les cernes et le sirrocco qui siffle entre les dents. Akim El Sikameya se tient droit le violon planté sur son genou. Le
guitariste recroquevillé à côté. La chaleur monte. Une Carmen aussi obèse que gracieuse se lève en claquant le rythme. Suivi d'un comptable ou banquier enfin un type qui porte des lunettes,
et le pull sur les épaules et gesticule un peu coincé, sa femme le regarde en riant. Une retraitée invite son mari à danser. Il essaie de résister voyant son couscous arriver au loin mais se
retrouve devant la scène pour un passo doble sur un raï endiablé. Le patron passe entre les tables, caresse des épaules, offre des tournées. Trois gamins du quartier viennent foutre un gentil
bordel. Dommage qu'ils soient mineurs, ils sont raccompagnés à la porte. Les meilleures choses ont une fins.
On redescend le boulevard Menilmontant. Deux voitures de sherrif
poursuivent une twingo. Ils l'interceptent au milieu de la rue. Lampes de poches à la main. A six, le colt pas trop loin on ne sait jamais : le délinquant à la twingo pourrait avoir un coupe
ongle caché dans la doublure de son veston. Rue Oberkampf on se laisse tenter par un groupe de jazz dans une tratoria. Le pianiste d'à peine quinze ans invoque Bill Evans du bout des doigts. Avec
son air de ne pas y toucher. Un jazz frais, simple, honnête, qui reste bien en bouche. Le guitariste chanteur a des airs de Chet Baker. Jazzifie Oasis, Michael Jackson. La greffe prend. Les
meilleures choses ont une fin.
Belle soirée. Bonne nuit.
Par Benjamin Benjamin
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Publié dans : Claquages nocturnes
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